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LEADERSHIP ORGANISATIONNEL ET HUMANITAIRE

LEADERSHIP ORGANISATIONNEL ET HUMANITAIRE

Articles on : Organizational and Humanitarian Leadership (French & English) since 2017.

Leadership et notions voisines : Points de vues critiques sur les 10 principes de comment "comment devenir Chef" »

  1. NOTION DE DIRIGEANT
    1. DIRIGER LES HOMMES

Le mot « Dirigeant » fait allusion au fait « de diriger » quel que soit le niveau où l’on se trouve. Un  dirigeant est une personne qui est à la tête d'une entreprise, sans en être forcément le fondateur ou le propriétaire. Il dirige l'entreprise en fonction des pouvoirs qui lui sont conférés. C’est dans un sens ou un autre avoir une autorité de diriger une école, une entreprise, une société, une église, etc. Devenir dirigeant fait appel aux conditions par lesquels la personne est arrivée à diriger. C’est le sous bassement même de « la légitimité ». Selon  Catherine Blondel ([1]) l’autorité appelle aujourd’hui le geste de s’autoriser. Ce qui fait autorité, c’est la capacité à poser des actes qui tiennent lieu de réponse, alors même que vous n’êtes pas sûrs de ce que vous avancez, que vous n’avez aucune vision de l’avenir ni aucune expérience, dans certains cas. Pour ceux qui s’aventurent à venir occuper cette place de dirigeant, deux actions s’imposent : construire sa légitimité et faire autorité.

    1. 1.1. Construire sa légitimité 

Poursuivons donc avec la légitimité avant de revenir sur l’autorité, en nous arrêtant un instant sur leurs définitions respectives, précisément parce qu’elles sont souvent confondues. Par « autorité » ici, nous entendrons : l’obtention d’un assentiment d’autrui à l’action prescrite sans violence et sans persuasion. Elle concerne donc la manière dont le pouvoir s’exerce. La « légitimité » renvoie, quant à elle, aux conditions préalables à l’exercice du pouvoir. Le mot se réfère au droit, à la loi, même si elle ne se confond pas avec la « légalité ». C’est ce qu’avait bien compris Machiavel, qui met en valeur la fin d’une légitimation divine et l’autonomisation du politique. La question de la légitimité est première et conditionne celle de l’autorité. Dans les entreprises, un candidat légitime ne fait pas forcément un président légitime, tout comme un DG ou un DAF ne devient pas mécaniquement un PDG légitime. L’entreprise n’est pas une « démocratie » entend-on souvent. La légitimité, de nos jours, n’est plus substantielle. Elle se fait procédurale. Autrement dit, elle se construit. Et cette construction se fait avec les autres. De là, pour les dirigeants d’entreprises, l’absolue nécessité du « réseau » et la fin des PDG avec portes capitonnées.

Les dirigeants qui croient ne pas avoir à construire cette légitimité, s’exposent à courir après l’autorité, au risque de la confondre avec l’autoritarisme, également appelé « micro-management ».

  1. 1.2. S’autoriser à faire autorité

Bien entendu, un dirigeant à peu près tranquille sur sa légitimité n’est pas assuré du succès. Loin s’en faut ! Alain Renaut nous a annoncé La fin de l’autorité (Flammarion, 2004). Heureusement, Myriam Revault d’Allonnes aborde la question autrement pour montrer qu’elle n’a pas disparu mais que les ingrédients ont changé (Cf. l’Autorité, essai sur le pouvoir des commencements, Seuil, 2006). La tradition et le passé ne font plus autorité pour personne aujourd’hui, dirigeants ou dirigés. Quant au futur, comme nous ne croyons plus au progrès systématique ni aux lendemains qui chantent, il nous inspire souvent défiance ou peur.

Dans ces conditions, diriger une école, une entreprise du CAC 40 ou un Etat, n’a rien d’une sinécure. Qu’est-ce qui peut bien faire autorité si le statut et l’expérience ne suffisent plus ? Peut-être ce qui, au fil du temps, ne semble pas avoir varié pour « l’auctoritas » et tient à l’étymologie du mot autant qu’à des dérivés : « auteur », « augmenter » ou « autoriser ».

 1.3. Comment devenir Dirigeant ?

Comme nous l’avons dit plus haut, la personne devient « Dirigeant » dirige l'entreprise en fonction des pouvoirs qui lui sont conférés. Certaines personnes se posent la question de savoir comment peut-on devenir un dirigeant ? Bien qu’il y ait ceux qui pensent que cela relève de la chance, Par Elodie Buzaud citant les résultats d’une étude publiée en date du 29 Août  2012 par la Suncorp Bank, une banque australienne déclare ce qui suit : « On ne naît pas cadre dirigeant. On le devient. La formation supérieure, les voyages et la persévérance sont les trois ingrédients essentiels pour devenir le « big boss ». Selon les mêmes études, pour réussir, prenez le temps de faire des études. Choisissez, de préférence, une université de renom. Dans la plupart de fois, comme en Australie par exemple et dans d’autres pays les dirigeants des grandes entreprises et organisations internationales proviennent des grandes universités, ont même suivi des études à l’étranger, n’ont jamais arrêté d’étudier pendant leur carrière et quart d’entre eux possède un MBA. Un autre aspect est celui de  longue persévérance et de temps qui renforcent l’expérience.  Selon la même étude, la moyenne d’âge « des big boss » australiens atteint ainsi 53 ans, le plus jeune affichant 44 ans et le plus âgé, Rupert Murdoch, 81 ans ([2]).


[1] ) Catherine Blondel est la Directrice scientifique des séminaires pour dirigeants de l’Institut de l’ENS Ulm, Conseillère de dirigeants (http://www.lenouveleconomiste.fr/comment-peut-on-etre-dirigeant-19502/

[2] ) http://www.cadremploi.fr/editorial/actualites/actu-emploi/detail/article/une-etude-revele-comment-devenir-cadre-dirigeant.html

2. NOTION DE CHEF

Michel Menu disait : « Si tu veux être chef un jour, pense à ceux qui te seront confiés. Si tu ralentis, ils s’arrêtent. Si tu faiblis, ils flanchent. Si tu t’assieds, ils se couchent. Si tu critiques, ils démolissent. Si tu marches devant, ils te dépasseront. Si tu donnes la main, ils donneront leur peau. Et si tu pries, alors, ils seront des saints » ([1]).

2.1. Eléments critiques sur les « 10 règles de comment devenir Chef »?

Tous deux cadres dans de grands groupes industriels, Jean Canourel et Sophie Lenoir sont de fins observateurs du monde de l'entreprise. Grâce à leur expérience, les deux auteurs transmettent ici 10 conseils avisés pour tous ceux et celles qui souhaitent devenir chef et le rester ([2]). Nous avons passés en revue pour vous ces fameuses règles, aussi avec notre expérience professionnelle de 22 ans et en tant que croyant des saintes écritures j’ai choisi de vous partager ma modeste analyse critique tout en vous laissant la liberté d’analyse ([3]).


[1]) https://www.latoilescoute.net/etre-chef-par-michel-menu

 

[2] ) https://www.journaldesfemmes.com/carriere/0706-devenir-chef/critique-livre.shtml

 

[3] ) Patrick Girukwayo, auteur du présent travail fut enseignant au secondaire pendant 10 ans (1992-2003), pasteur d’une église de Goma depuis 1996 jusqu’au jour de cette rédaction, avocat (2010), agent humanitaire depuis 2003 au sein des ONGs, Agences des Nations Unies et Mission des Nations Unies (MONUSCO en 2015). Son interaction avec plusieurs employeurs lui ont valu une analyse critique de ces 10 règles telles que citées par  Jean Canourel et Sophie Lenoir.

2.2. Les point de vue critiques de Patrick Girukwayo sur les 10 règles pour diriger les hommes

Dans son analyse, l’humanitaire et ancien avocat Patrick Girukwayo a émis des critiques sur les 10 règles deJean Canourel et Sophie Lenoir pour diriger les hommes. Ayant passé ces fameuses 10 règles, aussi avec notre expérience professionnelle de 22 ans et en tant que croyant des saintes écritures il avait choisi de partager sa modeste analyse critique tout en laissant la liberté d’analyse aux lecteurs ([1]).


[1]) Dr. Patrick Girukwayo (PHD, Leadership et Planification Stratégique de AIU), auteur du présent article fut enseignant au secondaire pendant 10 ans (1992-2003), pasteur d’une église EL BETHEL de Goma depuis 1996 jusqu’au jour de cette rédaction, avocat (2010), agent humanitaire depuis 2003 au sein des ONGs, Agences des Nations Unies et Mission des Nations Unies (MONUSCO depuis 2011). Son interaction avec plusieurs employeurs lui ont valu une analyse critique de ces 10 règles telles que citées par  Jean Canourel et Sophie Lenoir.

  1. Tisser sa toile

Les auteurs préconisent de bien s'entourer. Pour cela, il faut trouver le bon mentor mais aussi s'appuyer sur ses collègues sans leur accorder une confiance absolue.

Point de vue critique de Patrick Girukwayo : si la personne peut tisser sa toile sur des personnes auxquelles elle ne fait pas confiance, il est probable que cette toile se décompose vite. Si cela peut réussir dans les autres secteurs, notez que dès le moment ou ces personnes sauront que tu ne le fais pas confiance, elles seront tentées de te lâcher d’une manière ou d’une autre. 

  1. Cloner son chef

En d'autres termes, faites en sorte que votre chef se reconnaisse en vous. Pour cela, il vous faudra travailler votre posture, votre style, votre voix. Pensez aussi à rester courtois et à ne pas vous mettre dans une position de dominé en vous excusant constamment.

Point de vue critique de Patrick Girukwayo: cette stratégie vaut pour ceux qui pensent que ce sont leurs chefs qui pourront les élever. Dans ce cette situation, il y a risque que la personne dissimule certaines erreurs pour ne pas s’excuser. Et dès le moment où le chef saura qu’il y a des choses non dites, il perdra la confiance. A mon humble avis pour ne pas arriver à s’excuser constamment, faites attention à tout ce que vous faites. Mais quand vous avez tort, acceptez votre erreur. 

  1. Eliminer les concurrents 

Pour les auteurs, le fait de sortir du lot passe par plusieurs étapes : en premier lieu, aider votre chef dans les situations délicates, ne pas manifester d'esprit critique et ne pas dire ce que vous pensez de votre chef à vos collègues.

Point de vue critiquede Patrick Girukwayo : une seule chose celui qui fait bien son travail n’a pas besoin d’entrer en compétition avec des concurrents. Notez que certaines personnes recourent à des moyens malhonnêtes pour éliminer leurs concurrents. C’est le cas des calomnies, de la  sorcellerie, tueries, empoisonnement, etc.

  1. Prendre les attributs du chef 

Ca y est, vous êtes chef ! Mais tout reste encore à faire. Vous devez d'abord travailler votre apparence. Comment ? Soignez votre tenue vestimentaire et votre physique ; ayez un bureau plus grand et plus confortable que celui de vos subordonnées ; choisissez un assistant ; pensez à vous offrir une belle voiture.

Point de vue critique de Patrick Girukwayo: une seule chose, celui qui fait bien son travail n’a pas besoin d’entrer en compétition avec des concurrents. Notez que certaines personnes recourent à des moyens malhonnêtes pour éliminer leurs concurrents.

  1. Maîtriser son temps et celui des autres 

Sur ce point, les règles à retenir sont simples : "un chef qui n'est pas constamment en mouvement n'est pas indispensable", "le chef dispose de son temps à sa guise mais aussi celui de ses subordonnées", "le manque de temps du chef peut-être un bon prétexte pour fuir les situations difficiles".

Point de vue critique de Patrick Girukwayo: une seule chose il faut apprendre à déléguer certaines tâches à lorsque vous savez que vous serez absents. Se rendre indispensable même en son absence réduit la productivité.

  1. Organiser sa cour

Il vous faut soignez la composition de votre équipe pour distribuer au mieux les cartes et récupérer la mise en temps voulu. Par ailleurs, les auteurs conseillent de ne pas hésiter à se séparer des " gêneurs " et, bien sûr, à préserver ses alliés. Sans oublier les deux dernières règles : diviser pour mieux régner et se réserver le rôle de l'arbitre suprême.

Point de vue critique de Patrick Girukwayo: cette stratégie vaut encore dans des situations où vous êtes dans un environnement très hostile, mais aussi pas sans risques. Vous pouvez penser diviser pour régner, et soudain les gens divisées se coalisent comme un seul homme contre vous ! Le terme gêneurs peut avoir des interprétations multiples selon l’intention, les règles des jeux et les intérêts. Si tu peux te débarrasser des « gêneurs » dans une démocratie où il ya la liberté d’expression, tu pourras vite devenir un dictateur allant jusqu'à museler ceux qui pourraient vous dire des vérités en vue de vous aider à vous corriger. Ils paraitront gênants alors que leur son de cloche réveillerait votre conscience sur certaines choses.

  1. Déléguer pour mieux régner

Le but du jeu est simple : susciter l'implication et la responsabilisation de vos subordonnées tout en continuant à rester indispensable.

Point de vue critique de Patrick Girukwayo: si vous pouvez déléguer pour mieux régner, c’est mal partie. Déléguer plutôt pour préparer vos subordonnées à jouer certain rôle sous votre surveillance. Par-là vous saurez qui peut quoi. Ceux qui délèguent pour mieux régner, deviennent de malheureusement jaloux face aux performances de leurs délégués dans la peur qu’ils pourront les remplacer. Ils passent pour concurrente et seront vitre éliminés selon le point 3.

  1. Ecouter pour mieux manipuler 

Quand on est chef, l'écoute est une notion bien subtile. Il s'agit de donner à vos subordonnées le sentiment d'être reconnus et aimés tout en veillant à bien garder ses distances.

Point de vue critique de Patrick Girukwayo: si vous écoutez pour manipuler les autres, c’est très probable que votre manipulation vous rattrape un jour. Une bonne écoute se fait en vue de comprendre les autres, d’apporter une réponse à leurs préoccupations et problèmes, de contribuer à l’éclosion des idées. Des nombreuses études ont pu démontrer que la manipulation ses fait sous plusieurs formes et généralement fait des nombreuses victimes. Il s’agit notamment de : la manipulation psychologique, déstabilisation, exploitation, manipulation affective, dépendance affective, agression psychologique, emprise psychologique, harcèlement moral, violence morale, chantage affectif, manipulation perverse, etc. Dans tous les cas, il s'agit du même phénomène. Le degré de violence subie par la victime dépend de la situation et ses réactions peuvent très lentes ou rapides et ne pourront jamais être en faveur du manipulateur. (Voir aussi : http://www.manipulationmentale.com/)

  1. Prendre la parole pour prendre le pouvoir

Pour Nathalie Lenoir et Jean Canourel, la prise de parole ou le discours est l'attribut majeur du chef. D'où l'intérêt de s'exercer pour s'améliorer.

Point de vue critique de Patrick Girukwayo: si vous pensez que c’est seul le chef qui doit prendre la parole vous risquez de brimer les subordonnées et réduire la liberté d’expression. Le chef doit plutôt laisser l’autre parler, écouter, peser et amener les gens à prendre des décisions après débats et changes des idées. Les décisions prises après débats et délibérations s’exécutent avec joie que celles qui s’imposent d’une seule bouche. Le chef devait plutôt se faire remarquer dans ses façons de trancher entre les bonnes et les mauvaises propositions, de se placer entre les extrémistes et les mous.

  1. Comment utiliser son chef pour devenir super chef 

Vous êtes chef, mais comme la plupart des chefs, vous avez un supérieur hiérarchique : c'est le super chef. Pour être calife à la place du calife, les auteurs préconisent de flatter votre chef et le pousser à commettre une faute. Tout cela avec technique et doigté bien évidemment.

Point de vue critique de Patrick Girukwayo: si vous pensez mettre le chef en erreur pour que vous soyiez supérieur à lui, n’oubliez pas qu’un jour il peut commettre la même erreur sur vous. Je vois mal une pensée de remplacer le chef après qu’il ait commis une erreur grave dont tu seras l’auteur. Aussi, tant que tu veux travailleur par les flatteries, tu ne seras pas capable de donner un conseil constructif a ton chef. Tu auras le problème de revirement. Si tu lui a toujours dit des paroles flatteuses même quand il sera en erreur tu auras difficile de lui monter ses failles. C’est aussi une manière de le ruiner.

 

3. CONCLUSION

Devenir chef est une aspiration de plusieurs personnes. Il arrive que certaines d’entre elles se posent des multiples questions de comment y parvenir. Certains par manque d'expérience en Leadership perdent même les petites positions qu’ils avaient en voulant devenir chef. D'autres s'attirent des ennuis pour avoir utilisé des mauvaises méthodes. La seule chose à faire, est de rester constant dans son objectif, ne jamais lâcher face aux découragements. Etre loyal envers les idéaux, et cultiver ses compétences et vertus morales devant vous faire accéder aux grandes responsabilités sans porte atteinte à son chef pour le remplacer. La méritocratie est la seule voie idéale pour devenir chef car en méritant cela, tu deviens un modèle de ceux qui s’élèvent de la mêlée pour devenir chef sans briser les consciences des autres.
                              Patrick Girukwayo.

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