Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LEADERSHIP ORGANISATIONNEL ET HUMANITAIRE

LEADERSHIP ORGANISATIONNEL ET HUMANITAIRE

Articles on : Organizational and Humanitarian Leadership (French & English) since 2017.

LEADERSHIP HUMANITAIRE : Particularité du LEADERSHIP HUMANITAIRE face aux autres types de LEADERSHIP.

  1. Objectifs

Le but principal de notre sujet est de montrer particularité du LEADERSHIP HUMANITAIRE face aux autres types de LEADERSHIP. Cette différence une fois comprise peut aider toute personne travaillant dans le domaine humanitaire de s’appliquer sur les éléments clé du LEADERSHIP HUMANITAIRE dans ses activités de terrain. De même cette compréhension permet de mieux développer certaines compétences utiles à la profession d’Humanitaire. Une seule question à répondre et celle-ci : A quoi le LEADERSHIP HUMANITAIRE se distingue des autres ?

 

  1. Rareté et nouveauté du LEADERSHIP HUMANITAIRE

Le leadership est un des domaines de recherche les plus étudiés dans le monde des affaires. Il présente des ramifications selon que nous sommes en politique, commerce, gestion des conflits, entreprenariat, enseignement, médecine, etc. Par la même occasion, avec les conflits et catastrophes ayant occasionné le besoin accru des interventions de prévention et de réponse. Vite, il a été perçu que le monde a besoin des Leaders capables de mobilier ces actions humanitaires. Il faut alors combler ce « vide en matière de leadership » par un  LEADERSHIP HUMANITAIRE.

 Accumulées de manière empirique sur plusieurs années au cours de conversations menées avec des travailleurs humanitaires dans le monde entier, les conclusions du rapport State of the Humanitarian System d’ALNAP (Harvey et coll. 2009) ont confirmé la gravité du problème : le manque de leadership efficace y était décrit par les humanitaires comme représentant un des principaux défis à l’action humanitaire. En retard de quelques années par rapport au secteur privé, de nombreuses agences d’aide humanitaire et d’aide au développement ont désormais commencé à investir dans le leadership, par le biais de programmes de développement du leadership, en élaborant des cadres de compétences, et en commandant des rapports (par ex. Featherstone 2010 ; Hochschild 2010 ; PIA et CCL 2010)

3. Comprendre le LEADERSHIP HUMANITAIRE

Le leadership humanitaire est-il réellement différent du leadership dans d’autres secteurs ? Toutes les recherches récentes ont prouvé que, bien que de nombreuses qualités que possèdent les dirigeants efficaces ne soient pas uniques au secteur humanitaire, c’est le contexte dans lequel elles sont déployées qui est unique. Un élément très distinctif vient en première ligne dont :  travailler avec des personnes en situation de détresse, prendre des décisions qui affecteront des vies et des moyens de subsistance dans une situation fluide et à partir d’informations incomplètes et ambiguës, souvent dans un milieu dangereux, avec un large éventail d’acteurs différents dont certains sont susceptibles de s’opposer à l’effort humanitaire, tout en étant sous pression pour agir vite.

Bref, la qualité des bénéficiaires et le contexte dans lequel ils sont trouves lors des interventions humanitaires. Pendant que les autres leaders se focalisent sur les commerçants, enseignants, comptables, chefs locaux, religieux, étudiants, chercheurs, etc. ; les LEADERS HUMANITAIRES eux traitent avec les déplacés internes, réfugiés, personnes sans-abris de suite des catastrophes naturels, blesses des conflits armés, etc. De prime abord, ils traitent avec des personnes qui non seulement elles sont affectées socialement, mais aussi elles sont psychologiquement hors de leur situation normale et cela a cause des crises, conflits, événements douloureux, etc.

4. Un accent sur les bénéficiaires

En se focalisant sur les types des bénéficiaires de l’action humanitaire, nous revenons sur la cause de leurs statuts. Cela nous dirige droit vers le contexte qui fait que ces gens soient ce qu’ils sont lors des interventions humanitaires. Le LEADERSHIP HUMANITAIRE fait face aux différents types de crises et d’urgences. Ce que le leader va faire dépendra ainsi de sa capacité de comprendre le contexte local, les besoins immédiats et lointains des bénéficiaires et comment y arriver. Dans ce cas, il faut garder en tête que le travail humanitaire concerne des vies humaines (moyens de subsistance, la protection des civils, la préparation aux catastrophes et la réduction du risque de catastrophe, la reconstruction et la réhabilitation post-crise).

 

 

5. Quelques particularités du LEADERSHIP HUMANITAIRE

Le LEADERSHIP HUMANITAIRE a ses propres particularités dont :

  • Le respect des principes humanitaires : Le respect des principes humanitaires est ce   qui   permet   de   distinguer   l’action   humanitaire   des   activités   et   objectifs   d’autres   acteurs.   C’est   également   ce   qui   permet   de   ne   pas   voir   l’action   humanitaire   comme une    ingérence dans des affaires internes d’un pays. Pendant que les autres leaders ne sont pas soumis aux principes humanitaires, le leader humanitaire lui s’y colle dans toutes ses actions. C’est encore là une particularité. Il doit travailler avec une attention sur la neutralité, l'impartialité, l’humanisme et l’indépendance opérationnelle.
  • La coordination des actions : il a été démontré que dans plusieurs situations, une seule sorte d’intervention ne peut pas répondre aux besoins des populations affectées. Les mêmes populations affectées peuvent avoir besoin des abris, l’eau, la nourriture, la protection, le médicament, les documents, etc. C’est ici que l’action humanitaire nécessite une capacité d’intervention et de coordination existantes au niveau national pour répondre aux besoins, dans le respect des principes humanitaires, et ce, en raison de l’ampleur des besoins, du nombre d’acteurs impliqués, de la nécessité de mettre en œuvre une approche multisectorielle plus complexe, ou d’autres contraintes affectant la capacité à répondre aux besoins et à respecter les principes humanitaires.
  • D’une bonne analyse des risques : toute action humanitaire est inséparable ses risques qui peuvent varier d’un milieu à l’autre, d’une culture à l’autre, des acteurs impliques à d’autres, du temps que durera l’action, des précédents, des intérêts locaux, de la politique locale, etc. C’est ici que le LEADER HUMANITAIRE doit peser les conséquences de son action sur la sécurité des bénéficiaires et des programmes avant toute mise en œuvre. Le principe de « Ne pas nuire, Do not Harm » prend son importance.
  • La possession des qualités particulières : Bien que les leaders aient des qualités, celui du domaine Humanitaire présente ses exigences plus élevées. Un bon leadership de terrain exige plusieurs qualités. (Voir notre article sur les qualités d’un bon Leadership de terrain sur le même site dont : http://humanitaires-vivre-pour-une-humanite.over-blog.com/
  • La capacité de décision face aux dilemmes d’ordre moral et humanitaires : l’action humanitaire se bute parfois aux dilemmes surtout au moment où une organisation fait face au choix entre l’obligation morale de sauver des vies, et l’obligation de respecter les principes humanitaires. Selon une définition générale, un dilemme est une situation dans laquelle un acteur se trouve face à au moins deux obligations morales qui, premièrement, sont de même valeur et qui, deuxièmement, s’excluent l’une l’autre. Par exemple le fait de refuser des escortes armées lors des mouvements sur terrain en situation pendant que le besoin d’agir vite s’impose. Retarder les actions met en danger de vies humaines pendant que les intervenants sont liés aux principes. Un autre exemple est celui de se réserver de distribuer de l’aide humanitaire aux déplacés dans un camp des déplacés internes où se trouvent des bourreaux armés dans le respect du caractère civil des camps des déplacés. La crise rwandaise, notamment, était une expérience extrêmement traumatique pour tout le système d’aide internationale. C’est quand les critiques sont survenus que les agences nourrissaient les bourreaux avec comme conséquence la « crise de confiance » du mouvement humanitaire. (Voir : Leader N., The Politics of Principle. The Principles of Humanitarian Action in Practice, London).
  • La mise en pratique d’un code de conduite : En vue d’améliorer la qualité du travail humanitaire sur le terrain, il y a eu la codification de plusieurs principes sous forme des codes de conduite. Ces codes orientent et inspirent l’action humanitaire et peuvent réduire certains dérapages sur terrain comme c’est le cas général (Code de conduite de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, Projet SPHERE).

6. Conclusion

En se focalisant sur les particularités du LEADERSHIP HUMANITAIRE face aux autres types de LEADERSHIP, il revient de conclure que faire le travail humanitaire exige non seulement un sacrifice de soi, mais aussi il exige plus des qualités. La maitrise su contexte, la célérité dans les interventions requiert un souci de sauver des vies humaines. Le LEADERSHIP HUMANITAIRE à son niveau exige des bonnes décisions qui aussi tiennent compte des risques lesquels selon leur degré dépendent des plusieurs facteurs. Il faut que l’acteur humanitaire soit capable de décider et agir même quand le temps lui imparti est très minime. Pour mieux agir, et vue la complexité des besoins qui surviennent lors des conflits armés ou des catastrophes, l’action humanitaire exige une coordination des acteurs dans les évaluations, la réponse et le suivi.

Voir le même article en Anglais au :

http://humanitaires-vivre-pour-une-humanite.over-blog.com/2019/05/humanitarian-leadership-particularity-of-humanitarian-leadership-to-other-types-of-leadership.html

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article